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A ton âge, la plupart des hommes, ayant amené ses enfants à un âge où ils peuvent rester seuls à la maison sans y mettre le feu (ce qui est le but de toute éducation qui se respecte) voit pointer à l’horizon un rêve qu’elle a caressé durant des années (notons qu’il ne suffit pas toujours de caresser quelque chose pour le voir pointer ; mais cela marche assez bien dans les rêves) : celui d’avoir enfin du temps pour soi. Un choix très simple s’offre alors à la plupart des hommes : prendre une maîtresse, ou se mettre au golf.

Il n’est pas anodin de constater que, premièrement, la pratique du golf et celle d’une maîtresse sont incompatibles, pour des raisons que nous détaillerons plus tard, et que, deuxièmement, certains hommes utilisent le golf comme alibi pour rendre visite à leur maîtresse ; raison pour laquelle on peut trouver de très beaux équipements presque neufs pour pas cher sur eBay.

Notons également que tu n’as pas eu personnellement à faire ce choix, puisque tu avais commencé à jouer au golf bien avant d’avoir des enfants, et que tu n’as donc eu qu’à t’y remettre, mais aussi puisque tu ne voyais pas vraiment l’utilité de prendre une maîtresse, ayant suffisamment de problèmes avec ton swing. Il va de soi que cette précision n’intervient ici que pour rassurer l’épouse de l’auteur, qui risquerait de confondre encore une fois ledit auteur avec un personnage de fiction, et de le poursuivre une fois de plus dans la maison avec des ciseaux.

Le golf, activité hautement chronophage, est pour cette raison incompatible avec les ébats adultères. Mais il l’est également pour son aspect rationophage (ou plus crûment bouffeur de raison), la pratique de ce sport étant ce que l’on pourrait le plus aisément rapprocher d’une représentation du masochisme à l’état brut. Tu en as, comme tous les golfeurs, souvent fait l’expérience. Sur le papier, en effet, le golf est le sport le plus simple qui soit : il suffit de taper dans une balle et de la faire entrer dans un trou, le plus beau étant que rien ne t’en empêche. Un peu comme si un joueur de football devait marquer un pénalty sans gardien de but. Au départ, tu places la balle à l’endroit qui te convient, tu peux même la surélever un peu pour plus de commodité. Tu visualises parfaitement le drapeau. Il ne te reste plus qu’à effectuer ce geste que tu as fait des milliers de fois, et à amener cette petite balle blanche à la maison.

Pourquoi, alors, les choses se gâtent-elles ? Pourquoi, la plupart du temps, ta balle part-elle dans une direction totalement différente de celle prévue tout d’abord ? Pourquoi cette même balle, alors qu’elle est censée être un objet passif, présente-t-elle une si grande attraction pour le moindre arbre, le plus petit ruisseau, le plus infime bunker ? Pourquoi, à l’approche de la terre promise, part-elle avec une force inouïe de l’autre côté du green, alors que tu n’as fait que l’effleurer ? Et enfin, pourquoi, sur tes putts, fait-elle systématiquement le tour du trou avant d’en être comme mollement recrachée par un leprechaun paresseux? La réponse, malheureusement, est uniquement dans ta tête. Ton corps sait parfaitement effectuer un swing ; seul ton cerveau t’en empêche. Tel est le paradoxe du golfeur, qui a passionné avant toi tant de quarantenaires. Le sujet du mémoire de psychologie résultant de l’observation de ce jeu s’intitulerait sans doute « La pratique du golf, ou la beauté de l’auto-flagellation cathartique».

Pendant tes nuits d’insomnies, alors que tu repositionnes à l’infini tes mains sur le grip, que tu vérifies cent fois la position de tes pieds, de ton dos, de tes genoux et de tes coudes, alors que tu considères d’un œil virtuellement circonspect l’angle de tes poignets ou la montée de tes bras, tu commences à penser que tu aurais mieux fait pour ta santé mentale de prendre une maîtresse. Et juste à ce moment-là, libéré de toutes les pensées parasites, ton swing devient limpide et souple, fluide comme l’envol d’un chemisier de soie dans une chambre de juin, et tu gambades gaiement dans les fairways, faisant birdie sur birdie, alors qu’une autre version de toi-même, légèrement plus mince toutefois, trombine non moins gaiement dans le soleil couchant Angelina Jolie et Jennifer Aniston – tant qu’à avoir une maîtresse, autant faire la nique à Brad Pitt.

Le lendemain, pourtant, tu joues encore plus mal que d’habitude. Comme quoi, rien n’est jamais acquis.

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S
<br /> En grande forme...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Pourtant tu es (re)connu comme étant un spécialiste des jeux de boules. Je parle de pétanque bien sûr ou bien de billard dans lesquels tu excelles. Alors je pose la question: pourquoi ça déconne au<br /> golf? Le nombre de trous ou bien le fait qu'il n'y ait pas de cochonnet? C'est vrai que quand il y a trop de trous on ne sait plus où donner de la tête et trop de choix nuit au choix. En même tant<br /> c'est vrai aussi que quand il n'y a pas de cochonnet, on cherche le but, le petit quoi ...<br /> <br /> <br />
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