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A mesure que l’humanité se perfectionne, l’homme se dégrade ; quand tout ne sera plus qu’une combinaison économique d’intérêts bien contre-balancés, à quoi servira la vertu ? Quand la nature sera tellement esclave qu’elle aura perdu ses formes originales, où sera la plastique ?

Gustave Flaubert, Pensées

Hell is empty

And all the devils are here.

Shakespeare, The Tempest, Acte I, scène 2

 

Disons-le tout net : tu n’es pas communiste (tu sens poindre, à ces mots, l’araignée turgescente du doute au sourcil de tes lecteurs – comment cela, m’aurait-on menti ? Lui qui semblait si humain, si enclin à s’apitoyer sur le sort peu enviable de ses congénères ? Lui qui laissait volontiers sa barbe atteindre des dimensions quasi Marxistes ? Il ne serait donc pas communiste ?).

Que l’on n’en doute pas : tu aimes le communisme, un peu comme tu aimerais une grand-mère un peu fripée atteinte d’une maladie dégénérescente, que tu viendrais visiter à tes heures perdues dans sa maison de retraite pleine d’odeurs indéfinissables et de bruits obsédants, que tu regarderais avec tendresse te raconter sa vie d’avant, puis avec horreur lorsqu’elle – par un quelconque basculement instantané de son esprit – commencerait à te prendre pour son oncle avant de se mettre à insulter les infirmières.

Le socialisme est, justement, plutôt un vieil oncle patelin, qui avec ses airs enjôleurs arrive souvent à la fin du banquet à profiter de l’état fluctuant des convives pour leur soutirer leur argent afin d’aller courir la gueuse à Bruxelles ou à Amsterdam.

Le capitalisme, lui, ne se prend pas pour un autre. Voilà sa force inaltérable, son coup de génie ; parmi toutes les doctrines politiques, elle est la seule à avoir bâti son idéologie sur un constat qui, pourtant, semble si évident que l’on ne peut guère passer à côté : l’homme, proclame le capitalisme après Shakespeare ou Flaubert, est mauvais. Tout simplement mauvais. Par essence.

Dès lors, tu es obligé de reconnaître, bien malgré toi mais en étant forcé de t’incliner comme l’on s’incline sur le passage d’un ennemi honni mais vainqueur, dont on admet le mérite, la supériorité du capitalisme. Les tenants de toutes doctrines humanistes pourront bien gesticuler, taper du pied dans leurs chaussures allemandes, réfléchir, vouloir donner des valeurs à ces êtres imparfaits que nous sommes, au bout du compte, nous savons tous qu’un être humain normalement constitué essaiera par tous les moyens de tirer le meilleur parti possible de toute situation, sans tenir aucun compte des autres êtres humains qui l’entourent.

Bien sûr, tout le monde n’est pas mauvais ; cependant, la plupart des bons, des courageux, des héroïques, finit dans un embrasement subit, immolée au beau milieu de la place d’un village tibétain au moment du marché. Les autres, ceux qui essaient de te faire croire qu’ils sont philanthropes, charitables ou simplement bienveillants, le font en général pour essayer de te convertir à quelque religion, pour que tu adhères à leur parti, ou plus simplement pour te casser les couilles.

 

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C
Ahahah!!!!
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